Oublier, trahir, puis disparaître

Oublier, trahir, puis disparaître

Camille de Toledo

Language: French

Pages: 71

ISBN: 2:00293285

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Camille de Toledo signe ici le troisième volet d’une « trilogie européenne ». Après Le Hêtre et le Bouleau, à la suite de Vies pøtentielles, Oublier, trahir, puis disparaître explore, entre conte et récit mythologique, le temps européen, à la charnière du XXe et du XXIe siècle, à l’heure où se pose la question de l’oubli et de la trahison...

Celestina

Theatre

The Book of Travels: Genre, Ethnology, and Pilgrimage, 1250-1700 (Studies in Medieval and Reformation Traditions, Volume 140)

Jock of the Bushveld: A 100 Year Celebration

Doom of the Darksword (The Darksword Trilogy, Book 2)

There Was an Old Woman: A Novel of Suspense

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pas de terre, pas de langue, pas de pays, pas de passé. Où écrire, Elias, était ma question et elle devenait obsédante, car il y en avait tant d’autres dissimulées derrière elle : Où vivre ? Comment quitter son temps ? Que Vienne, Berlin, Prague, Budapest délèguent la charge de leur rire convalescent à des créatures, je pouvais le comprendre. Mais qu’on se mette à mixer le vieux fonds de culture compromis de l’Europe avec ces nouveautés, je n’arrivais pas à m’y faire. Ravel et Godzilla,

voyage à lire des nouvelles de Zweig. Au moment où il s’approche, elle se repoudre pour se rosir les joues. Elle le découvre, souriant, disant : Oyin Stavayù ! Laissez-moi ! Elle n’a pas crié. Lentement, elle a reposé son miroir, fermé sa trousse de maquillage. Il l’a soulevée, l’a portée à travers le wagon. La fille, juste avant de disparaître, s’est tournée vers le Semeur, et, comme à un ami, elle a dit : Souvenez-vous de moi. Mais cette phrase, Elias, la brume l’a étouffée. Les

peut-être deux ou trois kilomètres de là, le ciel, en se dégageant, a découvert le pont qu’il nous fallait rejoindre. Au-dessus de la gare, un sentier se hissait jusqu’au col. Nous avons commencé à marcher. Pakosh ? La boîte ? Tu m’as demandé, inquiet. Je t’ai dit : Après ce que nous allons faire, ayishkù, je n’en aurai plus besoin. Sur le sentier, j’ai pensé aux récits de guerre : montagnes d’Espagne, embuscades, résistants du Vercors… Pour nous, c’était autre chose. Ce n’était pas

connaissaient, lui, son nom et le chemin pour arriver jusqu’à sa boîte aux lettres. Il y avait aussi des immeubles et d’autres maisons dans son monde. Chaque maison, plus ou moins, longeait la voie du train, mais curieusement personne ne se plaignait du bruit à part son père. Le train était en bois et c’est l’enfant qui devait pousser les wagons, la locomotive, ce qui lui donnait l’occasion d’être à la fois celui qui fait le bruit et celui qui râle à cause du bruit comme son père. Plus loin,

réponds pourtant que c’est ainsi, j’avais tant besoin d’être père. Tu me demandes : Woïrum ? Pourquoi ? Et en silence, je pense : Parce qu’il faut être père pour naître une seconde fois. Parce que nous n’avons jamais eu tant besoin de ça : une filiation, quelque chose qui nous relie au temps et à l’oubli. Tu es pour moi, Elias, comme ce fou qui traverse le wagon en répétant : Oyin Stavayù ! Une force d’oubli et de métamorphoses. Sans toi, je serais demeuré une ombre glissant de ville

Download sample

Download