Introduction à la métaphysique

Introduction à la métaphysique

Henri Bergson, Nicolas Novion

Language: French

Pages: 55

ISBN: 2:00248750

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Voici l'essai qui a rendu Bergson célèbre dans le monde entier. L'auteur du Rire y invente une nouvelle méthode en philosophie et une façon inédite de pratiquer la métaphysique. Qu'est-ce donc que la métaphysique ? C'est reconnaître que tout n'est pas parfait dans l'ordre du savoir, que l'insatisfaction y règne même, et qu'il faut pour appréhender le monde, utiliser l'intuition. Bref, ce n'est pas quitter un monde instable et mouvant pour rejoindre une réalité ferme et stable, c'est plutôt plonger au coeur des choses, saisir la vie même...

Form and Object: A Treatise on Things

An Introduction to Ontology

Many Lives, Many Masters: The True Story of a Prominent Psychiatrist, His Young Patient, and the Past-Life Therapy That Changed Both Their Lives (20th Anniversary Edition)

Being and Nothingness

Nature's Metaphysics: Laws and Properties

The Spiritual Emerson: Essential Works by Ralph Waldo Emerson (Tarcher Cornerstone Editions)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mêmes, à reprendre notre expérience la plus immédiate du monde pour l’approfondir, et lever peu à peu les obstacles qui la rendent habituellement superficielle. Il ne s’agit plus de se dégager du monde, mais de s’y engager résolument. Il faut préciser que l’intuition désigne chez Bergson une certaine modalité de la pensée et non un vague sentiment ou pressentiment. Elle est en effet une connaissance caractérisée par sa précision. Grâce à ce mode de connaissance, nous accédons à la singularité de

des choses aux concepts. Connaître une réalité, c’est, au sens usuel du mot � connaître », prendre des concepts déjà faits, les doser, et les combiner ensemble jusqu’à ce qu’on obtienne un équivalent pratique du réel. Mais il ne faut pas oublier que le travail normal de l’intelligence est loin d’être un travail désintéressé. Nous ne visons pas, en général, à connaître pour connaître, mais à connaître pour un parti à prendre, pour un profit à retirer, enfin pour un intérêt à satisfaire. Nous

symboles, fabriqueriez-vous de la réalité ? Mais le symbole répond ici aux habitudes les plus invétérées de notre pensée. Nous nous installons d’ordinaire dans l’immobilité, où nous trouvons un point d’appui pour la pratique, et nous prétendons recomposer la mobilité avec elle. Nous n’obtenons ainsi qu’une imitation maladroite, une contrefaçon du mouvement réel, mais cette imitation nous sert beaucoup plus dans la vie que ne ferait l’intuition de la chose même. Or, notre esprit a une

considère la durée comme une multiplicité de moments reliés les uns aux autres par une unité qui les traverserait comme un fil, ces moments, si courte que soit la durée choisie, sont en nombre illimité. Je puis les supposer aussi voisins qu’il me plaira ; il y aura toujours, entre ces points mathématiques, d’autres points mathématiques, et ainsi de suite à l’infini. Envisagée du côté multiplicité, la durée va donc s’évanouir en une poussière de moments dont aucun ne dure, chacun étant un

napoléonienne, vivre pour un moment ce tempo existentiel singulier. Quant à vivre Paris, ce serait certainement avoir une expérience directe et quelque peu durable, bien que nécessairement partielle, de cette ville. Il est impossible, en revanche, de reconstituer une chose singulière, c’est-à-dire sa façon de durer propre, à partir de points de vue immobiles pris sur elle. C’est pourtant ce qu’ont tenté des philosophes-psychologues comme Taine et Stuart Mill : recomposer le moi à partir de

Download sample

Download