Cinéma 2 - L'image-temps

Cinéma 2 - L'image-temps

Gilles Deleuze

Language: French

Pages: 389

ISBN: 2:00293462

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Comment l’image-temps surgit-elle ? Sans doute avec la mutation du cinéma, après la guerre, quand les situations sensori-motrices font place à des situations optiques et sonores pures (néo-réalisme). Mais la mutation était préparée depuis longtemps, sous des modes très divers (Ozu, mais aussi Mankiewicz, ou même la comédie musicale). L’image-temps ne supprime pas l’image-mouvement, elle renverse le rapport de subordination. Au lieu que le temps soit le nombre ou la mesure du mouvement, c’est-à-dire une représentation indirecte, le mouvement n’est plus que la conséquence d’une présentation directe du temps : par là même un faux mouvement, un faux raccord. Le faux raccord est un exemple de « coupure irrationnelle ». Et, tandis que le cinéma du mouvement opère des enchaînements d’images par coupures rationnelles, le cinéma du temps procède à des réenchaînements sur coupure irrationnelle (notamment entre l’image sonore et l’image visuelle). C’est une erreur de dire que l’image cinématographique est forcément au présent. L’image-temps directe n’est pas au présent, pas plus qu’elle n’est souvenir. Elle rompt avec la succession empirique, et avec la mémoire psychologique, pour s’élever à un ordre ou à une série du temps (Welles, Resnais, Godard...). Ces signes de temps sont inséparables de signes de pensée, et de signes de parole. Mais comment la pensée se présente-t-elle au cinéma, et quels sont les actes de parole spécifiquement cinématographiques ?Cet ouvrage est paru en 1985.

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rapport du cinéma avec la pensée : la situation � psychique » qui remplace toute situation sensori-motrice ; la perpétuelle rupture du lien avec le monde, le trou perpétuel dans les apparences, incarné dans le faux-raccord ; la saisie de l’intolérable même dans le quotidien ou l’insignifiant (la longue scène en travelling que Gertrud ne pourra supporter, les lycéens venant au pas cadencé, comme des automates, féliciter le poète de leur avoir appris l’amour et la liberté) ; la rencontre avec

� gravité » de la stylisation ? Philippon analyse l’évolution d’Akerman dans � Toute une nuit » : cf. Cahiers du cinéma, no 341, novembre 1982, p. 19-26. 11.  Serge Daney, Cahiers du cinéma, no 306, décembre 1979, p. 40 : � On voit bien ce qu’une démarche purement critique, démystificatrice, aurait raté en réduisant la fête à ce qu’elle signifie ou à ceux à qui elle sert, à son sens ou à sa fonction (...). [Il fallait] critiquer la fête sans cesser de la donner à voir dans son entier, dans son

dans une autre image, qui joue elle-même le rôle d’image virtuelle s’actualisant dans une troisième, à l’infini : le rêve n’est pas une métaphore, mais une série d’anamorphoses qui tracent un très grand circuit. Ces deux caractères sont liés. Quand le dormeur est livré à la sensation lumineuse actuelle d’une surface verte trouée de taches blanches, le rêveur qui gît dans le dormeur peut évoquer l’image d’une prairie parsemée de fleurs, mais celle-ci ne s’actualise qu’en devenant déjà l’image d’un

actuelle dans l’inconscient du héros, celle du toboggan meurtrier. Les images-rêve à leur tour semblent bien avoir deux pôles, qu’on peut distinguer d’après leur production technique. L’un procède par des moyens riches et surchargés, fondus, surimpressions, décadrages, mouvements complexes d’appareil, effets spéciaux, manipulations de laboratoire, allant jusqu’à l’abstrait, tendant à l’abstraction. L’autre au contraire est très sobre, opérant par franches coupures ou montage-cut, procédant

nature, Klincksieck, p. 26. 34.  Philippe de Lara, Cinématographe, no 30, septembre 1977, p. 20 : � Si Terra trema était un film à personnages, le plus important serait le temps : ses rythmes, son découpage constituent la matière du film, c’est lui qui, dans la diégèse, est la cause principale de l’échec des pêcheurs. » 35.  On peut faire la liste des thèmes qui unissent Visconti à Proust : le monde cristallin des aristocrates ; sa décomposition interne ; l’Histoire vue de biais (l’affaire

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